[Samedi 13 Juin, cité des sciences - Paris
J' y étais.... Il y a eu beaucoup d'émotions, comme le sentiment que le chapitre 2 s'ouvre: que la prise de conscience est faite et que nous passons tous à la phase
suivante. Voilà , j’ai seulement l’impression que ce passage n’est pas si facile que cela : car c’est un passage qui ne peut être que collectif et qui, donc nécessite notre adhésion
individuelle…Et nous allons être bientôt mis devant nos peurs, nos résistances, notre impuissance à changer...Cette conscience là me semblait être un peu absente du débat…. Mais nous sommes
sur la bonne voie… et c’est l’enthousiasme qui triomphera (au sens étymologique : le Dieu qui s’exprime à travers nous) ...
J’ai pris des notes… Je vous demande votre indulgence, j’ai pu par moment faire des erreurs (attribuer à l’un ce qui a été dit par l’autre, mal comprendre sur le moment ou en relisant mes
notes… donc pardon d’avance pour les erreurs, contresens, oublis etc…) Hautlivier ]
Nicolas. Hulot : Crise ou Crises?
C’est de crises au pluriel dont il s’agit :
Crise climatique, écologique, alimentaire, économique, financière, culturelle….
Mais toutes les crises se rejoignent car il s’agit d’une crise systémique…
La question est donc de changer de modèle car il n’y a pas de plan B….
La réalité nous impose deux obligations :
-
Préserver la planète : même d’un point de vue égoïste, tout le monde comprend que si on ne le fait pas, nous ne pourrons survivre car nous avons besoin de la planète
pour vivre. Il y a déjà eu plus de 300 000 morts liés directement ou indirectement à la crise (exemple la crise du Darfour a été déclenchée à la base par un problème de désertification…).
-
Partager au sens équitable du terme.
Edgar Morin : polycrise
Il s’agit d’une polycrise économique et écologique.
Crises dans les sociétés traditionnelles des pays pauvres :
- l’exode rural pousse les gens vers les bidonvilles où il se constitue une immense nappe de misère.
- Perte totale des repères qui faisaient la force des structures anciennes
Crises dans les sociétés occidentales :
- désert dans les campagnes, constitution de mégalopoles,
- crise du progrès, du futur,
- pandémie
Ce qui a été le déclencheur de tout cela : le développement, la mondialisation
La science, la technique, l’économie ne sont pas régulées.
Mais tous ceci a été produit à partir du dynamisme humain, il y a donc une possibilité d’une métamorphose profonde : quand un système ne peut traiter ses problèmes vitaux : il se désintègre ou il
se transforme…
Patrick Viveret (philosophe)
Le point commun entre toutes les crises :
- la démesure
- le mal-être
Les 225 personnes les plus riches du monde ont autant de revenus que les 2,5 milliards de plus pauvres…
Au plus fort de la bulle financière, il s’échangeait chaque jour dans le monde pour 3200 milliards de $ mais moins de 3% correspondait à des échanges réels de marchandises….
N’oublions pas que c’est la crise de 1929 qui a conduit au totalitarisme….
[La révolution industrielle] a été le passage de l’économie du Salut au salut par l’économie, nous assistons deux siècles plus tard à la fin de l’économie qui va s’ouvrir sur une nouvelle
renaissance.
[La question de fond :] comment conserver les avantages de la modernités (droit à l’individuation, progrès…) en y ajoutant le meilleur des sociétés traditionnelles ?
En remplaçant
démesure/mal être par
frugalité/joie de vivre
Il faut changer nos principes notamment au niveau de la régulation : notre société se comporte comme si le travail était [une denrée] rare et les ressources [terrestres] infinies alors que c’est
l’inverse !
Edgar Morin.
Il y a une idée magique qui est folle : la croissance comme solution. Or peut-on envisager une croissance infinie dans un monde fini ?
Patrick Viveret
La pauvreté est un concept qui a été créé artificiellement. La mesure des quantités de richesses est faite avec des thermomètres faux… Nos indicateurs nous incitent à des politiques
fausses.
Il faut oser toucher à la nature de la création monétaire : la monnaie ne doit être qu’un outil d’échange
Edgar Morin
Réhabiliter l’échange gratuit
Nicolas Hulot
Il y a un profond désarroi dans le monde politique et économique… On me dit souvent que je me radicalise dans mes propos… Non, c’est la situation qui se radicalise.
Edgar Morin.
On ne peut pas construire de modèle car par définition la création [le nouveau] ne peut être connu tant qu’il n’est pas réalisé… Avant que le Requiem de Mozart soit écrit , il était par
définition inimaginable….
«
Il n’y a pas de porte pour la Voie mais il existe un millier de routes qui y conduisent »
Dans notre société, il y a une base qui vit, qui bouge, mais il y a une sclérose à tous les niveaux politique etc… idem au niveau des connaissances, il y a une hyperspécialisation, des
connaissances dispersées et morcelées qui, d’une certaine manière, nous rendent aveugles..
L’ampleur de la crise remet en cause le capitalisme
Il ne faut pas cependant s’hypnotiser sur le capitalisme, car il y a des raisons d’espérer, notamment dans l’imprévu : la chute du mur de Berlin avant qu’elle n’arrive, la destruction des tours
jumelles, le fait qu’un homme comme Obama strictement inconnu 6 mois avant les élections devienne président.
C’est l’imprévu qui sauve.
L’homme de Cro-Magnon avait le même cerveau que nous et pourtant il était incapable de faire ce que nous sommes capables de faire. Il y a donc un
sous-développement de l’esprit humain.
Nous vivons un certain âge du fer, un
âge d’or est donc possible même à partir de nos sociétés ossifiées, rigidifiées, même dans une société en crise, il peut naître des capacités : c’est
la
résurrection de l’espérance.
La promesse du progrès est morte, les jeunes générations sont désorientées et l’espérance sait qu’elle n’est pas certaine : mais «
Là où croit le péril, croît aussi ce qui sauve » : voilÃ
le principe d’espérance…
Christian de Boisredon
(Créateur d’une agence de communication dans le domaine du positif)
A partir de deux glands identiques, on peut avoir soit un grand chêne, soit un bonsaï, la différence, c’est le traitement….. Si on ne lui donne pas assez de nutriment et si on coupe toutes les
branches qui dépassent : on obtient un bonsaï !!!!
En conclusion :
même si on est tous des glands, on est capable de changer la planète !!
Les médias nous inondent de catastrophes, nous les « reporters d’espoir », nous partons à la recherche des initiatives positives à travers le monde… Nous sommes l’Agence-France-Presse des
solutions….
Nous avions fait le pari avec Libé qui avait tiré un n° avec 2/3 des informations provenant de notre agence… le directeur ,très sceptique au départ, nous a avoué après coup que c’était sa
meilleure vente de l’année..
C’est vrai que nous ne faisons pas [moins] de bruit mais comme disait Gandhi :
«
Un arbre qui s’abat fait beaucoup plus de bruit qu’une forêt qui germe »
Quelques exemples d’initiatives
Terre de lien : les agriculteurs en Bio ont beaucoup de mal à trouver de la terre… Il est possible pour les particuliers d’acheter des terrains sous forme de part de SCI (pour de très
petites sommes) , cela a permis actuellement de créer 14 fermes qui regroupent 357 Ha…
Panier de la mer : chaque jour des tonnes de poisson sont détruites pour maintenir les cours des poissons : ils sont récupérés et fournissent en aliment une banque alimentaire, 193 T de
poisson ont été ainsi sauvées en 2008
Charbon vert : Au Sénégal, 80000 ha de terre arables disparaissent chaque année du fait de la déforestation pour la production de charbon de bois…Il est possible de transformes des déchets
verts en charbon de bois (après compression), La machine qui permet de faire cela produit 1T par jour de charbon de bois ce qui correspond au besoin de 400 familles
Coopération d’habitats associatifs (Suisse): les habitants achètent en leasing une partie de l’immeuble, il y a des espaces mis à la dispositions de tous : buanderie, atelier de
bricolage…
Toutes ces réalisations montrent que des solutions existent, souvent c’est à partir d’un homme, d’une idée et c’est la ténacité de cette personne qui va entraîner ce changement.. Certains comme
Yunus (banquier spécialiste du micro-crédit) a eut une influence considérable….
Nicolas Hulot
Pierre Rahbi m’a dit un jour «
Faisons le possible : Dieu fera l’impossible »
Théodore Monod : «
L’utopie ce n’est pas ce qui n’est pas réalisable, c’est ce qui n’est pas réalisé »
Devant l’urgence, il faut des changements radicaux :
- faire le distinguo entre besoins absolus et besoins relatifs
- cessez de faire des choses uniquement parce qu’on sait les faire
- mettre en place un processus démocratique fort
- remettre l’économie à sa juste place
Comme le disait Albert Einstein «
Notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions »
Est-on en économie de guerre ?
Nicolas Hulot : nous somme en temps de crise majeure mais tout cela n’est pas palpable. Il faut un plan Marshall, il faut revoir le processus démocratique, le pouvoir de frapper monnaie
doit revenir aux Etats.
Ce n’est pas une guerre pour l’instant mais cela peut conduire à la guerre et pourtant la science nous a montré que [contrairement à ce que nous avons pensé depuis deux siècles], la vie
n’est pas la norme [dans l’Univers] mais l’exception…
Pourquoi les choses ne bougent-elles pas ?
Patrick Viveret : il y a :
- ceux qui savent et ne peuvent pas
- ceux qui peuvent et ne savent pas
- ceux qui savent, qui peuvent mais ne veulent pas
Pour ces derniers, c’est la pression citoyenne qui fera changer les choses….
Derrière la représentation des catastrophes, il y a une peur ultime, c’est celle de la mort…
Ne pas vouloir voir en face la catastrophe résulte donc d’une réaction de fuite devant la mort.. Or nous mourrons tous !!! Pourquoi ne pas se poser cette question et la mettre au centre
«
Vis comme, en mourant, tu aimerais avoir vécu ! »
Qu’est-ce qui compte vraiment ?
Comme dit Arnaud Desjardins «
Sortir de la peur de la mort pour aller vers l’audace de vivre »
Notre ministère «
Transformer le Soleil en Conscience »
«
Faisons appel à l’Eros : nous avons besoin d’une stratégie érotique mondiale ! »
Le problème n’est-il pas démographique ?
Patrick Viveret :
La démographie galopante est liée à la misère, elle existe dans les sociétés où les enfants, de part le travail qu’ils effectuent deviennent une source de richesses économiques…
«
Ce n’est pas l’homme qui pose problème, mais la masse de choses inutiles qu’il traîne derrière lui »
Et le sommet de Copenhague ?
Nous avons de grandes chances d’être déçus. Le seul espoir vient d’Obama, mais il doit faire avec une population qui place les changements climatiques en 30ième position de ses
préoccupations…
Fondamentalement, il nous faut une éducation à la joie de vivre, toutes les formes de captations (des richesses => capitalisme, du sens => fondamentalisme, du pouvoir => totalitarisme)
sont des compensations qui conduisent au mal-être…
NANOUB : Nous allons nous faire du Bien !!!
«
La seule chose qui peut nous empêcher d’aboutir est la peur d’échouer » (Paulo Coelho)
Nicolas Hulot : en conclusion
- notre société est notre œuvre
- évitons de penser que le mal c’est l’autre
- la solution n’est pas la peur
Ce que nous allons mettre en œuvre maintenant c’est le chapitre 2 de l’évolution, le constat est fait, nous allons jeter des milliers de passerelles : A vous de nous nourrir !!!
« Le nouveau est en marche et parfois les jours de silence, je l’entends respirer »
Pour en savoir plus sur le projet de la fondation de nicolas Hulot :
ici
Et en final, le clip de Pascal Obispo: "drapeau" qui nous a été projeté à la fin de la conférence.....
A noter une apprécisation de ma part sur ce clip: les mots "guerre"/ "bataille" etc ... qui montrent que nous sommes encore englués dans la croyance que c'est la mise en action de notre
énergie dans une "logique" du "contre" alors que nous avons tout simplement à "coeur" d'être "avec".... mais bon visionnage et écoute.....
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