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Matière: Architexture

Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:19
[ Emmanuelle L'Huillier-Chauzit. Architecte DPLG - biocontact n° 157 - p32-38]

Comment Harmoniser l'environnement intérieur «le la maison avec son environnement extérieur : lumière, humidité, air, température.., le tout dans une démarche écologique et durable.

Le bioclimatisme est un regard conceptuel de l'habitat vis-à-vis de son environnement, naturel bien sûr, mais aussi humain et économique. Ainsi, une conception bioclimatique est intrinsèquement liée au site où elle s'implante et en suppose son acceptation culturelle. Dans un contexte où le secteur de la construction est clairement identifié comme un enjeu majeur de développement durable, le retour en force du bioclimatisme, depuis longtemps soutenu par la maison individuelle, s'inscrit en réponse à deux thèmes contemporains : la performance énergétique d'une part et l'habitat durable d'autre part, avec ses enjeux sur l'environnement naturel, la santé des habitants et le développement économique local.

La meilleure énergie, c'est celle dont nous n'avons pas besoin...
Situons d'abord le problème : énergie et habitat...
On en parle, on le sait... Les ressources en énergies fossiles entrent en phase d'épuisement. La consommation sans réserve des pays industrialisés depuis une cinquantaine d'années, associée aujourd'hui à celle, en croissance aiguë, des pays en voie de développement ont amené l'ensemble des gouvernements à considérer la question avec réalisme : comment maintenir notre niveau de confort énergétique, et assurer ce même confort à nos enfants, alors que la disponibilité des ressources, à consommation constante, s'étend seulement à une, voire, au mieux deux générations ?

Dopage des programmes de recherche et de développement autour des énergies renouvelables et des biocarburants, reconsidération de l'utilisation civile de l'énergie nucléaire... autant de programmes innovants en quête de réponse efficace. Mais ceux qui font de la prospection énergétique le savent depuis longtemps : quelles que soient les nouvelles technologies mises en œuvre, elles ne parviendront pas à rivaliser avec le rendement concentré des énergies fossiles. Qu'il s'agisse d'éolien, de photovoltaïque, de thermique ou d'hydraulique, l'énergie est diffuse et aléatoire, et même les défenseurs les plus virulents de l'énergie nucléaire reconnaissent que le potentiel nucléaire lui-même sera insuffisant pour couvrir les besoins actuels.


galerie réduite
La galerie a été dimensionnée de manière à ombrager totalement les baies vitrées l’été, et à laisser pénétrer les rayons solaires l’hiver…



A ce constat global, une seule réponse efficace : la modestie énergétique. Réduire nos consommations, c'est donner plus de chances aux énergies renouvelables de répondre à nos besoins. Et c'est à travers ce constat que l'habitat, en son sens le plus large, peut jouer un rôle exemplaire. Pesant, en France, pour 40% dans les consommations énergétiques globales et un tiers des émissions de gaz à effet de serre, le secteur de la construction trouve dans la conception bioclimatique une solution efficace et peu onéreuse. Il développe la consommation négative, l'énergie non consommée, le fameux négawatt...

D'abord une bonne implantation

L'implantation dans le site est un atout principal qui représente pour l'architecte une tâche importante. Elle suppose une analyse raisonnée de l'environnement immédiat, au-delà des données climatologiques régionales. Du relief du terrain, de son orientation, de la nature de sa végétation, vont dépendre les mouvements d'aérologie, les apports solaires, l'éclairement, les possibilités d'aération et de ventilation naturelles.

La recherche du sud n'est pas une donnée universelle ; elle n'a d'intérêt que si l'ensoleillement maximum est nécessaire à l'équilibre thermique de la maison et peut, dans certains cas, représenter un réel désavantage. C'est pourquoi l'orientation sud est associée à un travail sur le paysage ou sur l'architecture de façade. On se protège l'été des gains solaires recherchés l'hiver. Ainsi, des éléments d'architecture peuvent apporter une réponse efficace à ce besoin de modularité : brise-soleil orientables, débords de toiture dont la profondeur est calculée pour protéger des seuls rayons verticaux d'été... Le traitement paysager peut également remplir ce rôle : une façade sud protégée derrière un bouquet d'arbres aux essences choisies profitera de l'ombrage l'été alors que les branches dénudées laisseront pénétrer les rayons d'hiver.

La fenêtre est, bien entendu, le capteur d'énergie le plus élémentaire. Son orientation et ses dimensions répondront aux besoins de chaque usage et du rôle de la pièce dans l'ensemble de la maison. Le principe de thermocirculation vient ensuite réguler la distribution de chaleur produite par réchauffement de l'air derrière le vitrage. L'architecte devra prévoir la conservation de l'air chauffé et sa redistribution, le plus naturellement possible, vers les zones plus fraîches de l'habitation. On perçoit alors l'importance de la conception des volumes intérieurs et des percements, capables de gérer ces échanges thermiques.

La répartition de la chaleur naturelle du soleil est un fondement de la conception bioclimatique. Elle repose sur l'interaction des espaces entre eux. Le cloisonnement intérieur permet de créer des espaces protecteurs ou des espaces thermiques transitoires entre deux modes d'occupation, pièces de vie et chambres par exemple. A chaque usage correspond un espace physique (dimensions et volume de la pièce), un espace-temps (moment d'occupation), une ambiance thermique, une ambiance lumineuse, une contrainte de ventilation (liée à la fréquence d'occupation et à l'activité pratiquée dans la pièce).

Le rapport au site apporte souvent des solutions. La nature et l'orientation des vents interviennent de manière variée selon des périodicités propres à chaque site. Implantée à l'intérieur des terres, la maison bioclimatique sera ventilée au rythme des saisons, se protégeant des vents d'hiver alors que l'été, elle cherchera à profiter de la ventilation naturelle des brises rasantes de fin de journée. En bord de mer, elle capitalisera les effets quotidiens des vents de marées.

Parlons « performances »
Ces principes de base donnent une ampleur universelle à la conception bioclimatique qui peut être adoptée partout, sans distinction géographique...

La qualité de la construction vient ensuite faire écho à la qualité de la conception architecturale. On l'appelle couramment la « performance de l'enveloppe ». Par enveloppe, il faut entendre l'ensemble constructif, plancher, murs et toiture, en contact avec les conditions extérieures. Sa qualité permettra d'optimiser le principe de déphasage, c'est-à-dire la capacité de la construction à conduire puis à retenir les ambiances thermiques en fonction des moments de la journée et des saisons. Ainsi, une habitation bioclimatique mettra 8 à 14 heures,(contre 3 à 5 heures en construction courante) à restituer la nuit la chaleur emmagasinée la journée, et inversement à restituer la journée, la fraîcheur accumulée la nuit.

Il est intéressant de donner quelques éléments techniques permettant d'évaluer la qualité de la construction en matière bioclimatique et plus particulièrement énergétique. Cette qualité passe par l'évaluation de la performance, exprimée par un indicateur de capacité à capter puis à retenir les conditions de confort intérieur. On parlera alors de performance ponctuelle d'un matériau et de performance globale de l'habitation.

Un exemple de performance ponctuelle.
.. Nous avons vu que le vitrage était le capteur d'énergie solaire élémentaire. A l'inverse sa capacité isolante est faible. Le coefficient qui la représente (il doit apparaître sur la notice technique de toute fenêtre) est couramment situé autour de 1,2. En comparaison, la construction bioclimatique utilise des vitrages atteignant un coefficient de 0,74...

Un exemple de performance globale... L'indicateur de performance énergétique globale de la construction est le kilowatt/heure/m2. La maison individuelle est, en moyenne, traditionnellement construite entre 80 et 120 kWh/m2. La construction bioclimatique obtient des performances de 35 à 42 kWh/m2, et ce dans des zones climatiques telles que le Nord et l'Est de la France. Ceci signifie que dans des zones plus tempérées, on pourrait construire des habitations à énergie positive, c'est-à-dire des constructions qui se suffisent à elles-mêmes et ne nécessitent pas d'apports énergétiques extérieurs...

Peut-être un peu rébarbatif en premier abord, ce paragraphe pose les bases d'une campagne d'information qui concernera prochainement tout consommateur, propriétaire ou locataire. La campagne Display est une campagne européenne d'information, destinée à encourager l'affichage des performances énergétiques et environnementales des constructions, en utilisant le modèle de l'étiquette des appareils électroménagers : code couleur arc-en-ciel, de G (très énergivore) à A++ (économe et respectueux de l'environnement). Cet affichage prendra petit à petit place dans les transactions à la vente et à la location, obligeant les différents acteurs à prendre en compte l'aspect bioclimatique des constructions. S'attacher, avant de choisir un matériau, à sa capacité de résistance et de conductivité thermique, c'est se donner les moyens d'une réalisation en cohérence avec la conception bioclimatique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'un mauvais choix de matériaux peut anéantir les efforts d'une conception raisonnée.

Quelle place reste-t-il alors pour les installations techniques dans la construction bioclimatique ? Qu'il s'agisse d'installations de chauffage, de ventilation, de renouvellement d'air, voire de climatisation, ces équipements doivent répondre à la preuve de besoins, clairement identifiés et quantifiés. Le choix technique est ensuite réalisé en fonction de l'ampleur de ces besoins. Cette démarche ouvre la porte aux énergies renouvelables. En effet, si ceux-ci ne peuvent couvrir 100 des besoins actuels de la maison individuelle, ils répondent sans réserve à la totalité des besoins d'une construction bioclimatique.

L'habitat durable
Si le bioclimatisme permet de capitaliser un maximum de gains naturels au bénéfice du confort intérieur, la qualité environnementale engage l'ensemble des acteurs de la construction dans une démarche de consommation responsable.

Les liens sont connus entre santé et habitat. Ils résident dans la nature des matériaux et leurs modes de mise en œuvre d'une part, et dans la qualité conceptuelle de la construction d'autre part. Dans ces deux domaines, l'architecture bioclimatique apporte une réponse personnalisée. Elle s'attache à des notions de confort spécifiquement liées à la conception, comme les conforts visuel, acoustique et sonore.
séjour réduit

Comment l'architecte peut-il concrètement intégrer ces éléments dès les premières phases de conception? En analysant en premier lieu l'éclairement lumineux. Issu de deux sources, le ciel et le soleil, l'éclairement naturel est un facteur climatique qui varie en fonction des saisons. La conception bioclimatique devra donc intégrer l'adaptation à ces variations, notamment en ce qui concerne les pièces de travail ou les chambres d'enfants. L'architecte s'attachera, dans le choix des matières et des couleurs, à accentuer la sensation visuelle de luminosité et à limiter l'éblouissement, à mieux capter et mieux répartir la lumière naturelle, à la focaliser selon des besoins ponctuels.

Le confort acoustique et sonore
II répond à deux enjeux : la protection des ambiances intérieures vis-à-vis des nuisances extérieures et la gestion des émissions intérieures de l'habitation. La conception de l'enveloppe s'attachera à répondre au premier point, en filtrant ou en s'opposant à la pénétration des bruits extérieurs. Cette gestion peut être modulable, pour profiter de l'environnement à certains moments de la journée et s'en protéger à d'autres. On dit souvent : « entendre le chant des oiseaux et non le bruit des voitures... ».

La réflexion sur les volumes et les matériaux s'attachera à la gestion des émissions intérieures. Les chambres seront isolées des pièces à vivre, les locaux de service seront traités de manière à minimiser les nuisances sonores liées à leurs équipements spécifiques. Volumes et espaces seront considérés selon leur impact acoustique dans l'ensemble construit : les cages d'escalier, les grandes hauteurs sous plafond, les mezzanines, les couloirs... seront conçus avec précision. Certains matériaux absorbent les sons, d'autres les réfléchissent. La bonne mise en œuvre de ceux-ci, parallèlement à leur aspect esthétique, participera à la performance acoustique de l'habitation.

Le confort hygrométrique et olfactif
La thermo circulation de l'air et la conception raisonnée d'espaces tampons, associées à une ventilation naturelle ou contrôlée des locaux, influencera le confort hygrométrique et olfactif de la maison. Les causes de variations d'ambiances hygrométriques et olfactives sont multiples. Elles peuvent être extérieures (données climatiques, pollutions atmosphériques, poussières...) comme intérieures (salles d'eau, cuisine, atelier, garage...). L'identification des sources de nuisances, notamment celles liées aux usages intérieurs, est une condition essentielle à leur bonne prise en compte. La compréhension par l'architecte des modes de vie et activités des habitants est donc un préalable indispensable à leur gestion optimisée.

Les matériaux utilisés
Enfin, le choix des matériaux détermine la qualité finale de l'habitation. La construction bioclimatique, en faisant la chasse aux émissions de particules, aux matières odorantes, aux solvants, s'inscrit dans des filières de production respectueuse de l'environnement. L'offre de matériaux écologiques est aujourd'hui suffisamment vaste et diversifiée pour ne plus être un obstacle à leur mise en œuvre. Au contraire, ces filières marginales ont souvent été dans l'obligation de se structurer en marge des plateformes de distribution traditionnelles, s'affranchissant ainsi de certains intermédiaires, et pouvant désormais proposer des tarifs compétitifs. La question du surcoût des matériaux écologiques n'est donc plus réellement d'actualité, surtout si l'on considère le coût global de la construction.

Les produits à base d'eau, les revêtements naturels, la terre cuite, les isolants de la filière bois, le chanvre, sont désormais des matériaux ayant fait leurs preuves. Leur longévité séduit les usagers, leur confort de mise en œuvre fait l'adhésion des artisans et leur faible impact environnemental ne peut qu'emporter l'enthousiasme du consommateur éco-responsable.

Car bien souvent, les filières de matériaux écologiques se sont engagées pour répondre sur l'impact environnemental global du produit mis en vente. Dans le cadre d'une démarche de développement durable, l'architecte est désormais en mesure d'apporter à son client une information quasi complète sur tout le cycle de vie du matériau. Depuis la consommation des ressources liée à la production (en énergie primaire comme en eau), en passant par l'investissement sociétal de l'entreprise productrice (création d'emplois, ressources locales...), les modes de transport et d'approvisionnement, jusqu'au recyclage éventuel... tout le cycle de vie du matériau est identifié.

Le maître d'ouvrage choisit ainsi en connaissance de cause. Son acte d'achat est un acte responsable. Responsable pour lui-même, en garantissant les qualités bioclimatiques de sa construction, responsable pour l'environnement, en minimisant les impacts écologiques de la production et de l'utilisation du matériau, responsable pour la société en général, en participant, par un geste local, à une dynamique globale de développement soutenable.






Par Nes - Publié dans : Matière: Architexture
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:01
[par Fabrice André. Autoconstructeur d'un refuge écologique dans le massif de l'Oisans (Isère) Biocontact n°157 p26 -30]

Avant de foncer tête baissé» dans un projet Immobilier, voici une liste de (bonnes) questions à se poser pour protéger sa santé et sauvegarder notre planète.


ll est un mariage immuable entre l'homme et la planète terre. Le premier témoin est l'agriculture, le second l'urbanisme. Ces deux témoins de notre civilisation ont bouleversé notre paysage pour l'adapter d'une manière anarchique à nos exigences. Si l'homme de Neandertal avait pour préoccupation de trouver la bonne grotte qui lui assurerait un confort relatif, le contemporain achète un pavillon pour dématérialiser ses peurs.

De nos jours, les hommes qui cultivent leurs angoisses quotidiennes dans un univers de béton et d'acier rêvent pour leur maison d'un espace humanisé en phase avec leurs émotions intérieures. Apprenons à décoder nos ambitions pour construire nos projets avec la réalité économique du marché. Avant de se lancer dans la construction, n'oublions jamais que si notre projet est bien à nous, le paysage appartient à tout le monde et toute modification significative de la nature doit nous sensibiliser à l'impact environnemental de notre démarche de bâtisseur.

Le choix du terrain
II détermine 50% de la réussite d'un projet et rappelons qu'il est indispensable de connaître l'historique du lieu avant de se lancer dans l'acquisition. Face à la pression immobilière croissante, les municipalités n'hésitent plus à offrir à la vente des terrains à bâtir situés sur d'anciennes décharges revégétalisées.

Les friches industrielles, terrains vagues et autres zones inondables se vendent sans scrupules. Il est utile de passer une ou deux nuits sous la tente pour apprécier les subtilités et la qualité d'un biotope. Le devenir possible de l'environnement immédiat de la parcelle convoitée est aussi important que l'acquisition elle-même.

Se retrouver à proximité d'une ligne TGV ou d'une usine d'incinération pourrait assombrir le ciel de vos rêves. La botanique, l'étude géobiologique et toute science utile pour apprécier le potentiel du lieu apportent des informations utiles sur la connaissance du sous-sol et de son interactivité sur les êtres vivants. La présence de cours d'eau souterrains, de failles et de certaines plantes est à éviter. La prêle indique, par exemple, la présence d'eau. Enfin la lecture du plan d'implantation des lignes électriques, des réseaux de câblage et des réseaux de téléphonie mobile sont autant d'indicateurs
à prendre en compte avant de se lancer dans la construction d'un habitat bio.

Enfin, dernière démarche, la visite du voisinage vous donnera un aperçu sur la qualité des rapports humains, indispensables à l'harmonie d'un lieu.

Le prix du terrain à bâtir a connu une croissance exponentielle ces deux dernières décennies car l'offre en milieu périurbain est limitée. La pression immobilière est telle que la surface des terrains est de plus en plus faible et le potager devient un luxe. Il suffit parfois d'accepter de s'éloigner des agglomérations pour palier cette situation économique.

Habiter à la campagne ou à proximité d'une ville est un choix de vie où l'on doit intégrer le coût de fonctionnement dans l'analyse du prix d'un projet. Dans certaines communes forestières de France, il existe ce que l'on appelle l'affouage. C'est une quote-part de bois redistribuée chaque année aux contribuables de la commune pour se chauffer. Cet apport gratuit permet de couvrir 100 des besoins en bois pour chauffer une maison.

Autre indice à prendre en considération avant d'acheter un terrain, celui de la fiscalité auquel on ne pense pas toujours au moment de l'acquisition. Enfin, l'eau est un bien précieux et il existe des communes rurales où elle fait encore partie du patrimoine communal. Dernier élément, le taux d'endettement de la commune donne une indication sur l'évolution de la pression fiscale à plus long terme.

L'acquisition du terrain faite, la phase de l'avant-projet architectural est déterminante. Il s'agit de définir un mode de vie pour habiller votre projet. Commencez par dessiner et imaginer l'espace de vie dont vous avez besoin et son usage avant d'emprisonner vos rêves entre quatre murs dans lesquels vous devrez inventer la vie qui va avec. Disposez votre mobilier, imaginez votre mobilité et celle de ses occupants. De cette esquisse, poursuivez en construisant votre espace de vie avec des murs, des ouvertures et un toit.

Le choix de l'architecte

Professionnel utile pour le néophyte, l'architecte formaté par les lobbies des bétonneurs soigne trop souvent le cancer de ses plans avec les larmes de l'ignorance de ses clients. La conscience de l'architecte, sa curiosité, sa culture en matière d'écoconstruction peuvent en faire un partenaire efficace et économiquement crédible.


chalet autoconstruit réduit
Chalet autoconstruit par l'auteur et entièrement autonome en énergie. Les techniques et matériaux utilisés ont été choisis pour résister à des conditions climatiques extrêmes (2000 m d’altitude).


Il est indispensable de visiter des réalisations du grand maître et n'oubliez jamais que c'est vous qui vivrez dans le bâtiment, et certainement pas celui qui l'a dessiné !
L'architecte est un intermédiaire utile à la coordination des corps de métier, au bon déroulement de l'exécution des travaux, pour assurer une synchronisation intelligente dans l'avancement du chantier. Sa mission peut se limiter à l'obtention du permis de construire, ou intégrer le suivi de chantier. De l'avant-projet au montage du dossier de permis, jusqu'au plan d'exécution, l'architecte doit intégrer une démarche qualitative pour apprécier le choix des matériaux utilisés.

L'écopathologie du bâtiment est une science trop souvent ignorée dans la construction d'habitations humaines. Dans l'élevage industriel, la zootechnie impose depuis une vingtaine d'années une réflexion pour optimiser la qualité des bâtiments car la production et son rendement en dépendent. La proximité des lignes à haute tension, les zones humides, les structures métalliques et bien d'autres matériaux sont déconseillés pour la construction des bâtiments d'élevage car on connaît bien les pathologies que les animaux développent en rapport avec tel ou tel type de bâtiment. La relation de cause à effet entre l'apparition des maladies pulmonaires et l'élevage du bétail, dans un bâtiment en béton cellulaire, est une illustration connue depuis les années 50.

Mais n'oublions pas qu'en termes de marché, c'est la maladie qui rapporte et certainement pas la santé. La démarche d'une construction bio intègre une prise de conscience globale de nos maux et l'on évitera de soigner les symptômes de nos pathologies sans en rechercher les causes profondes. Notre troisième peau est trop souvent la cause de maladies chroniques bénignes et on ne peut plus ignorer l'influence du mode constructif sur la santé de ces occupants. Si l'on demande aux vêtements d'être confortables et respirants, gardons à l'esprit que les murs d'une maison doivent aussi répondre à des exigences biologiques et pas seulement à une contrainte mécanique. La maison est un espace de vie subtil où le choix des matériaux a une importance fondamentale sur l'équilibre des êtres vivants qui y séjourne.

Le choix du mode de construction
II existe plusieurs écoles qui associent avec plus ou moins de talent un procédé respectueux de l'environnement et une démarche qualitative en matière d'écopathologie du bâtiment. Avant d'opter pour un type de construction plutôt qu'un autre, il est indispensable d'aller vivre quelques jours dans une réalisation. Avec en tête la notion de « troisième peau » car il ne vous viendrait pas à l'esprit d'acheter des vêtements sans les essayer !

L'habitabilité, le confort, la chaleur d'un matériau se jugent au ressenti et l'intuition est parfois plus utile que les beaux discours de nos commerciaux convaincus pas les vertus de leur rétro-commissions. Par définition, le parallèle avec notre alimentation est assez simple : plus un aliment est sophistiqué, transformé par l'industrie agroalimentaire et dessiné pour répondre à nos exigences marketing, plus on s'éloigne d'une alimentation équilibrée. Dans les matériaux de construction et le choix du mode constructif qui en découle, la simplicité et l'absence de transformation des matériaux de base offerts par la nature est un exemple de garantie d'une écoconstruction utile à tous.

Construire c'est aussi appréhender une démarche énergétique globale. Apprenons à demander le bilan énergétique de chaque matériau utilisé dans la construction. Il est des matériaux vingt fois plus énergivores que d'autres et l'écoconstruction doit intégrer cette prise de conscience.
Enfin, le transport doit nous interpeller car si la mondialisation tend à faire baisser les prix dans certaines régions du monde, n'oublions pas que la construction doit donner la priorité aux ressources locales.

Avantages et inconvénients des différents modes de construction

Le béton banché :
mélange de ciment, sable, et adjuvant, il assure une parfaite rigidité de l'ouvrage. Il sera appréciable sur des sols instables. Facile à mettre en œuvre et peu onéreux, il a un faible coefficient d'isolation phonique et thermique, c'est un matériau mort, qui vieillit mal. Sa composition est aléatoire et complexe. Son bilan énergétique est très mauvais.

Le béton cellulaire :
issu d'une réaction chimique entre le ciment et l'aluminium, c'est un matériau isolant et très facile à mettre en œuvre. Il offre un avantage certain dans son rapport poids/ volume du fait de sa porosité. Son prix en fait un produit abordable. Ce matériau est déconseillé car très énergivore. De plus, il ne régule pas l'hygrométrie et favoriserait même les maladies respiratoires des occupants : en zootechnie, les études prouvent le dépérissement des élevages.

Le parpaing de ciment :
mode constructif des années 50, le mur en parpaings a fait ses preuves mais il souffre d'un déficit d'isolation. Son coût est faible et sa facilité de mise en œuvre en fait le n° 1 de la construction. Il est à déconseiller dans la rénovation de bâtiment en pisé car c'est un matériau rigide qui ne se marie pas avec tous les matériaux.

La pierre :
matériau de haute valeur ajoutée, elle se justifie dans la restauration de bâtiments anciens ou dans les régions de production. Difficile à mettre en œuvre, la pierre témoigne d'un savoir-faire qui tend à disparaître. Elle assure une parfaite intégration dans le paysage, mais la pierre n'a pas de propriété isolante. C'est pourquoi on devra redoubler systématiquement les murs d'habitation.

La terre cuite :
la brique de terre cuite associe un savoir-faire ancestral à une technologie éprouvée. Elle offre un coefficient d'isolation qui est excellent. Facile à mettre en œuvre, son coût est correct compte tenu de son coefficient d'isolation. Energivore par sa cuisson, la brique de terre cuite régule bien l'hygrométrie.

La terre crue :
excellent matériau qui fait appel à un savoir-faire en voie de disparition. La terre crue offre des propriétés remarquables tant en termes d'isolation que de respirabilité des murs. Inconvénient majeur, ce matériau craint l'humidité et il devra être protégé des remontées par capillarité du sol. Il devra être posé sur un soubassement en dur. Sa mise en œuvre est complexe et son coût élevé.

Le chanvre :
matériau écologique par excellence, il s'adapte bien aux techniques de construction modernes. Facile à mettre en œuvre, c'est un bon isolant. Inconvénient : il doit être associé à une structure porteuse en bois car sa résistance mécanique est assez faible.

Le bois cordé :
technique qui utilise des rondins de bois empilés avec un mortier de chaux pour assurer la cohésion des éléments. Mur porteur présentant un aspect esthétique et une facilité remarquable de mise en œuvre. Offrant une excellente propriété thermique, il demande la construction d'un soubassement en dur. Inconvénient : il demande des rondins avec une hygrométrie homogène et stable car la dessiccation du bois laisse apparaître des fissures sur les zones de retrait. Son coût est peu élevé et le procédé est bien adapté à l'auto construction.

L'ossature bois :
système poteau/ poutre avec remplissage d'un isolant de son choix. D'un prix abordable, cette technique ne doit pas sous-estimer les sections de bois. On doit aussi porter une attention particulière à la qualité des matériaux employés comme panneaux de remplissage. Les colles utilisées dans les panneaux de bois recomposé ne sont pas toujours compatibles avec un habitat sain. Il faut prévoir une bonne isolation des matériaux porteurs qui seraient en contact avec le sol. Cette technique permet d'optimiser la rapidité de mise en œuvre.

La fuste :
tronc d'arbre taillé à la tronçonneuse pour être empilé et former un mur, ceci est un art qui fait de chaque réalisation une œuvre unique. Excellent coefficient d'isolation, habitabilité remarquable et d'un confort de vie unique. Parfaitement adaptée à l'autoconstruction, la fuste n'est malheureusement pas acceptée dans tous les départements. Principal inconvénient : le tassement des bois demande une maîtrise parfaite des ajustements des boiseries.

Le madrier: il s'agit de madriers en bois massif de section allant de 85 à 250 mm. Cette technique est facilement industrialisable et l'on retrouve toutes les qualités du confort du bois avec les exigences de l'architecture moderne. Le coût est en rapport avec l'épaisseur des madriers. Produit industriel par excellence, il est difficile de connaître l'origine des bois et leur traçabilité. Attention aux produits de traitement et à la radioactivité du bois utilisé.

Le log : billes de bois équarries sur trois faces. Ce type de construction associe le savoir-faire de la fuste avec celui de la construction en madrier. Il donne une finition plus élaborée que la fuste en partie intérieure et il permet d'abaisser légèrement les coûts de mise en œuvre. Les logs sont assemblés face contre face et le joint se fait à l'aide de goudron canadien ou de sève de cerisier. Cette technique permet de valoriser des bois dépréciés, et de réduire considérablement le problème de tassement de la fuste. Inconvénient : la limite relative dans la conception de volume et l'aspect esthétique des façades qui offre une connotation culturelle à forte : identité.

Les traditions dévoyées:
Dans certaines régions comme les Aravis (Haute-Savoie), il est de coutume d'habiller tes toitures d'un bardage de bois appelé ancelle ou tavaillon. Historiquement, ce matériau était produit de manière artisanale en respectant la fibre du bois assurant à la couverture une certaine pérennité.
De nos jours, le tavaillon est importé du Canada et il s'agit d'un produit industriel qui subit des traitements par immersion. A bien regarder la démarche architecturale, la couverture en bois d'un bâtiment peut apporter une intégration parfaite dans le paysage mais le bilan écologique de la démarche est désastreux si l'on tient compte du lessivage par les pluies du produit de traitement du bois ainsi que des tanins. Rappelons que le bois est un matériau putrescible et que vouloir en faire un matériau d'étanchéité est un non-sens.


Le choix du constructeur

Si l'oiseau assure sa survie en construisant son nid, il est urgent d'enseigner les bases de la construction à chaque humain pour nous réapproprier l'intelligence du maître de l'ouvrage, confisquée par le syndrome de la spécialisation professionnelle. La transmission des connaissances de génération en génération est aussi utile à notre confort de demain que la modélisation mathématique de programmes immobiliers qui nous enferment inlassablement dans des sarcophages de béton.

Une vision globale et critique
Si le bois est un matériau aux qualités remarquables à bien des égards, il peut cependant devenir plus dangereux que le béton suivant les transformations et les produits utilisés au cours de sa filière de commercialisation. Après avoir visité un chalet en bois massif dans lequel les occupants présentaient des troubles respiratoires chroniques, on a pu déterminer que les produits phytosanitaires utilisés pour le traitement du bois contre les xylophages avaient une rémanence telle que ses occupants respiraient des émanations toxiques durant plusieurs années. :" De même que si le béton parait être a priori un matériau stable et fort utile dans la construction, la complexité des éléments qui entrent dans sa composition doit nous amener à nous poser les bonnes questions. Principe de précaution en matière d'écoconstruction, il est indispensable d'apprendre à lire les fiches techniques pour connaître les propriétés et la composition réelle de votre future troisième peau. Soucieux de votre alimentation, vous chercherez à connaître la composition des aliments que vous achetez.
Alors pourquoi les cimentiers n'indiquent toujours pas la composition des matériaux qu'ils vendent ? Cherchez donc la composition d'une plaque de Placo ou d'un sac de ciment. Pas facile de se faire son opinion sur le sujet, alors le principe de précaution doit s'appliquer.
Le bon sens paysan doit nous éclairer sur le sujet car II existe des fustes et des maisons de pierres et chaux de plus de trois cents ans alors que les constructions en béton présentent déjà des signes de vétusté avant même d'avoir dépassé 90 ans.

Par Nes - Publié dans : Matière: Architexture
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 18:46

L'association Relier soutient les person­nes souhaitant s'établir en milieu rural. Lorsqu'elle détecte des obstacles pour vivre à la campagne, elle cherche, avec l'ensemble des acteurs du territoire, des solutions pour les lever.


Le Réseau d'expérimentation et de liaison des initiatives en espace rural (Relier) est né en 1984 pour animer un groupe de travail qui s'intéressait aux pratiques alternatives en agriculture.

Lorsque l'association Relier s'est penchée en 1998 sur la question de l'accès au foncier agricole, c'était pour chercher des solutions alternatives à la spéculation, liée à la propriété indivi­duelle. L'association Terre de Liens, créée autour de ce projet, a pris le relais du travail sur le foncier, à partir de 2005. Tout natu­rellement, Relier s'est alors tourné vers la question du bâti et de l'habitat rural, stratégique pour l'accueil de nouvelles populations et de créateurs d'activité, et pourtant affectée par les mêmes tendances spéculatives.

L'enjeu de l'habitat pour les territoires ruraux

L'accès au logement et aux locaux d'entreprise en milieu rural est souvent un premier pas difficile à franchir pour les créateurs d'activité et les nouveaux arrivants à faible pouvoir d'achat. Louer et a fortiori acheter du bâti dépasse souvent largement les capacités financières des porteurs de projet. Les résidences secondaires, gîtes et locations saisonnières sont réservés aux vacanciers et peu de collectivités font des propositions signi­ficatives de création de logements sociaux. Cette pénurie de structures d'accueil freine le développement des activités rurales, et les personnes en situation de fragilité économique et sociale_cr inuent de se précariser: il est nécessaire d'adapter l'offre ::abitat et de se positionner comme une terre d'accueil.

Des pistes à explorer

C'est donc avec l'intention d'appréhender la dimension glo­sale que pose la question d'« habiter nos espaces ruraux » que Relier s'est lancé, depuis septembre 2006, dans l'animation d'un grand chantier sur l'habitat. Il s'agissait, en plus de poser les problèmes et les enjeux, de repérer des expériences vécues et de les mettre en lumière: en partant des pratiques des individus, on peut construire ensemble un savoir collectif.

Un premier défrichage, réalisé avec des associations pré­occupées par l'habitat précaire, le mitage de l'espace rural et la participation citoyenne dans les choix d'aménagement des territoires, a révélé des pistes à explorer : sens et définition de habiter », ancrage, espace vital ; rôle des élus, développement durable, environnement ; création d'activités ; actions collecti­ves; décloisonnement, démarche ascendante et interrégionale; habitat choisi/habitat subi, etc. Ces différentes entrées ont fait l'objet d'un cycle de cinq rencontres nationales organisées dans différentes régions du Massif central. A l'issue de ces rencontres, trois groupes de travail se sont constitués : autoconstruction (formation et échange de bonnes pratiques), habitat groupé/ démarches collectives, et outils juridiques et financiers pour l'accès à l'habitat.

Dans le souci de trouver des méthodologies de dialogue terri­torial adaptées à l'accueil de nouvelles populations, Relier s'est aussi lancé, avec plusieurs partenaires, dans la conception d'un guide pour sensibiliser et former des élus locaux à la problémati­que de l'accès à l'habitat et au foncier.

Enfin, pour aller le plus loin possible dans la valorisation d'ex­périences locales d'habitat choisi, un travail de portraits de lieux, ou monographies, réunit des équipes d'artistes, architectes et sociologues qui croisent leurs regards et observent, sur une douzaine de sites, le lien habitat-habiter.

• L'équipe permanente de Relier.

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Relier
2, rue Michelet - 12400 Saint-Affrique

tèl 05 65 49 58 67

Par Nes - Publié dans : Matière: Architexture
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 11:59
1 - Exemples de projets réalisés:
  • Un village écologique en Lettonie: Site-Amatciems

2 - Implantation -trouver un lieu:


3 - Compte-rendus de réunions:
            
 
4 - Constructions écologiques:


5 - Bibliographie et sites
  • Association RELIER (faciliter implantation campagne): relier.nexenservices.com
  • La conception bioclimatique - jean-Pierre Oliva et Samuel Courgey  [à acheter absolument...]
Par Nes - Publié dans : Matière: Architexture
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